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Dégel de la valeur du point d'indice

Une hausse immédiate, pas une promesse électorale ! La ministre de la Transformation et de la fonction publiques vient d'annoncer un projet de dégel de la valeur du point d'indice, mesure générale indispensable notamment pour maintenir le pouvoir d'achat des fonctionnaires. FO Fonction publique n’a eu de cesse d’exiger l’augmentation de la valeur du point d’indice et l’ouverture de négociations sur les rémunérations depuis le début du quinquennat. Maisforce est de constater que cette proposition est bien tardive et reste aléatoire. En effet, les « concertations » pour déterminer le montant de la revalorisation ne commenceront qu'après les élections présidentielles et l'application de cette mesure ne pourra être concrète qu'après une loi de finances rectificative votée par le nouveau Parlement donc après les élections législatives. FO ne peut se satisfaire de cette méthode très particulière ! C’est maintenant que des mesures urgentes doivent être prises dans le cadre de réelles négociations. Les agents publics ont déjà subi des pertes de pouvoir d’achat énormes, attendre le résultat de scrutins électoraux pour prendre des décisions n’est pas acceptable ! Depuis des mois, FO Fonction publique alerte le gouvernement sur l'indispensable revalorisation du point d'indice pour compenser une inflation sans précédent en 2021 qui se poursuit en 2022. A contrario, le gouvernement s’est contenté de relever le salaire des agents publics passés en dessous du SMIC. De fait, 99 % des agents subissent de plein fouet l'inflation et une baisse drastique de leur pouvoir d'achat. Cette mesure ne nous fera pas oublier que ce quinquennat a été le premier où les salaires auront été gelés sur les cinq ans de la mandature. Depuis 2000, les fonctionnaires ont perdu 22 % de pouvoir d'achat. Avec une inflation prévue de 4 % en 2022, la revalorisation annoncée avant l'été ne peut être inférieure à 4 %. De plus, un plan pluriannuel de revalorisation du point d'indice doit être engagé afin de compenser les pertes subies, sans oublier une amélioration de la grille indiciaire pour redonner de l'attractivité à l'emploi public et du sens au principe de carrière. FO Fonction publique continuera de porter ses revendications avant, pendant et après les échéances politiques, en toute indépendance.

COMMUNIQUE DE PRESSE
 
 
Retraite – FO s’oppose à toute réforme conduisant à reculer l’âge de la retraite
 
 
Si beaucoup de commentateurs se félicitent que les questions sociales soient au cœur de l’élection présidentielle, que les propositions diverses fleurissent en matière de salaires ou de retraites notamment n’est pas forcément un gage de progrès pour les salariés !
Ainsi, revient la question de la réforme des retraites et de l’âge de départ.
Plusieurs candidats, dont l’actuel Président de la République, proposent de reculer l’âge légal de départ en retraite à 65 ans.
FO considère que cela est inacceptable pour plusieurs raisons.
D’une part, parce que cela revient à transformer l’élection présidentielle en pseudo référendum sur ce sujet quand on sait que les motivations du vote pour tel ou tel candidat ou candidate sont diverses, et n’ont que peu à voir avec le sujet en question, ne serait-ce que parce que la grande majorité des électeurs ne se sent pas concernée. A cet égard, que le projet de système universel par points ait figuré dans le projet de candidat élu en 2017 ne valait pas approbation : la majorité de la population concernée s’y est montrée opposée (le Président de la République ayant dû lui-même admettre que ce projet était « extrêmement complexe et porteur d’inquiétudes »).
D’autre part, parce que le recul de l’âge de la retraite aura comme seul effet de baisser globalement le niveau des pensions alors que le seul effet des réformes passées – elles-mêmes très pénalisantes pour les salariés (recul à 62 ans et allongement de la durée de cotisation à 43 ans, désindexation des pensions des salaires) – conduira à horizon 2070 à une baisse de 2 points de PIB du niveau global des pensions.
De ce point de vue annoncer une pension minimum à 1 000 ou 1 100€ mensuels pour une carrière complète, à taux plein au SMIC, ne constitue en rien un progrès par rapport à la situation actuelle. Un ou une salarié qui aurait travaillé une carrière complète au SMIC à taux plein percevrait déjà un montant de pension analogue. Et, au demeurant, vivre avec 1 100 € net mensuels n’est même pas vivre avec un SMIC (1 269 € net auxquels il faut ajouter 100 € de prime d’activité, ce qui signifie qu’à 1 100 € le déficit de pouvoir d’achat par rapport à un SMIC est de 269 €) qui ne suffit pas pour vivre dignement.
FO réitère que ce qu’il faut, aujourd’hui, c’est assurer la possibilité pour tout un chacun, de l’entrée dans la vie active jusqu’au moment de faire valoir sa retraite, de bénéficier d’un emploi pérenne à temps plein et améliorer la rémunération du travail.
A ce titre, FO revendique en particulier que soient revalorisés les emplois confinés aux bas salaires, à temps partiel contraint et en contrats précaires, que subissent plus souvent les femmes et qui empêchent de bénéficier d’une retraite décente.
Annoncer le recul de l’âge comme solution à l’équilibre financier des retraites est une forme d’aveu d’impuissance à améliorer la qualité de l’emploi pour toutes et tous.
FO s’est opposée au système universel de retraite par points qui n’avait d’autre finalité que de contraindre au fil du temps à devoir reculer l’âge effectif de la retraite avec le système d’âge pivot.
FO s’oppose et s’opposera à toute autre réforme conduisant à dégrader les droits à la retraite et à reculer l’âge pour en bénéficier.
 
 
Yves VEYRIER
 
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Août 2021
 
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